Tom Boudet, jeune Lillois de 23 ans, semble être un talent en pleine ascension sur la scène humoristique française, avec une trajectoire impressionnante et un spectacle qui capte l’attention. Son parcours est fascinant : commencer sur YouTube à un jeune âge, découvrir le théâtre et les planches, puis décrocher des prix et des opportunités telles que “Nord en Scène” et “Vendanges de l’Humour”. Il a su captiver l’attention d’un public large avec son premier one-man-show, “Vous dit quoi”, qui aborde des thèmes aussi universels que la transition vers l’âge adulte. Le fait que son spectacle soit programmé tous les lundis à 19h au Point Virgule à Paris, du 6 janvier au 23 juin 2025, témoigne de la qualité et de l’engouement autour de sa prestation. Sa capacité à toucher des publics variés grâce à son humour bienveillant et sa présence sur scène semble vraiment le démarquer. Son spectacle est décrit comme prometteur, donnant envie de suivre l’évolution de sa carrière. Tom s’impose ainsi comme une étoile montante de la scène humoristique française, offrant une perspective rafraîchissante sur les défis de la jeunesse contemporaineAvant son passage à Toulouse le 29 mars et au Kawa Théâtre de Montpellier le 8 avril, Tom a pris quelques minutes, depuis son appart parisien, pour répondre à nos questions.

Tu as commencé à créer des vidéos humoristiques sur YouTube dès l’âge de 13 ans. Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer si jeune dans cette aventure ?
J’ai toujours été passionné de culture, d’art et de scène, et très vite, je me suis intéressé à ce monde-là, celui des humoristes. J’avais déjà très envie de faire de la scène, sauf que bien sûr, à 12-13 ans, c’est un peu jeune. À cette époque, YouTube se développait pas mal, donc je me suis dirigé là-dessus et j’ai découvert une vraie passion pour ce côté audiovisuel.
À 17 ans, tu es monté sur scène pour la première fois au Spotlight de Lille. Comment as-tu vécu cette première expérience scénique ?
C’est très jeune effectivement, mais pour moi, c’était six ans d’attente où j’écrivais dans mon coin. J’avais trop envie de me lancer sur scène et quand j’ai démarré, je savais que c’était pour de bon.
Comment décrirais-tu l’évolution de ton style humoristique depuis tes débuts sur YouTube jusqu’à ton spectacle actuel, “Vous dit quoi” ?
Une évolution ? Je pense que c’est plus une continuité. J’ai toujours parlé de ce que je vivais à l’instant présent. Sur YouTube, je parlais de l’école, du collège, des premiers amours… Je me rappelle une vidéo sur la salle d’attente parce que je m’étais cassé le doigt. C’est bête, mais j’ai toujours parlé de ce que je vivais au moment présent. C’est pour ça que je pense que c’est une continuité. En regardant depuis le début, il n’y a rien d’incohérent.
Quels humoristes ou artistes t’ont influencé quand tu étais jeune ?
D’abord, les plus grosses têtes, bien sûr, ceux qu’on connaît tous : Gad Elmaleh, Florence Foresti, Franck Dubosc… Puis on s’intéresse à toute la scène française, puis on découvre qu’il y a aussi des humoristes américains, anglais, suisses, belges, et on s’aperçoit que c’est un monde incroyable. C’est aussi piocher dans l’humour du cinéma, des séries… c’est un tout, mais c’est vrai que ce sont surtout les grands qui nous ont inspiré et ouvert la porte du stand-up.

J’aimerais qu’on fasse un petit point également sur ton enfance, sur ton parcours personnel. Tu étais comment d’ailleurs quand tu étais enfant, tu étais plutôt rêveur, plutôt farceur ?
J’ai eu un peu plein de phases en fait. Quand j’étais vraiment tout petit, on va dire école primaire, je voulais déjà faire de la scène et donc je montrais beaucoup ce truc-là. Je me rappelle être très fan de Michael Jackson et de danser à chaque anniversaire, à chaque Noël. Puis l’arrivée au collège a été un peu plus dure, avec tout ce que ça comporte : le fait de grandir, les jugements… J’étais assez timide et je souffrais de ça, parce que paradoxalement, je voulais déjà être humoriste et faire de la scène. C’est comme ça que j’ai commencé le théâtre, pour m’aider à trouver ma voie. Et en fait, c’est ça, je me suis trouvé. En classe, je n’étais pas l’élément perturbateur, mais j’aimais bien faire une petite blague à mon voisin ou ma voisine. J’aimais bien aussi faire rire les profs, mais en les ayant dans ma poche, pas contre eux. Et bien sûr, j’étais très rêveur, parce que je rêvais de ce métier comme un fou. Aujourd’hui, à 22 ans, me dire que je fais une tournée et que je suis sur scène presque chaque soir, c’est juste ouf, parce que j’en ai toujours rêvé.
Et justement, quand on arrive à la finalité de ce rêve, comment tes proches réagissent-ils à l’idée que tu fasses exclusivement de la scène ?
Évidemment, je pense à mes parents, qui, comme tous les parents, ont leur part de peur et de crainte. Mais en même temps, ils n’ont jamais été surpris. J’ai aussi la chance d’avoir des parents qui m’ont vachement soutenu dans tout ce que je fais, donc je n’ai pas eu ce regard que certains ont pu avoir, avec des parents plus stricts. Mais ouais, mes parents, mes grands-parents, ma famille, mes amis, ça n’a jamais été une grosse surprise. J’ai toujours partagé ce rêve-là avec eux. Donc ils suivent cette aventure avec moi et je pense particulièrement à mes amis, qui ne sont pas du tout dans le milieu, mais qui s’y intéressent et vivent mes expériences à travers moi. Ils sont à fond derrière moi et ça, c’est précieux.
Il y a une grosse différence entre Tom humoriste et Tom dans l’intimité ?
En tout cas, j’essaye d’être le même sur scène que je suis dans la vie, avec évidemment l’envie de pousser les choses un peu plus loin sur scène. Mais ce n’est pas complètement différent. Après, il faut dire qu’un humoriste sur scène enchaîne les blagues pendant une heure, donc je tiens à rassurer, je suis un peu plus calme dans la vraie vie ! Mais encore une fois, c’est une continuité de moi-même.

Et les autres, ils en disent quoi ? À ton avis, tes potes, ils disent quoi de toi une fois que t’as le dos tourné ?
Eh bien, j’espère qu’ils sont contents de moi… J’espère qu’ils aiment suivre cette aventure avec moi, mais je pense aussi qu’ils me reprochent forcément d’être moins présent, parce que je bouge beaucoup. Quelque part, quand on fait un métier comme celui-là, c’est un peu égoïste. En ce moment, mon but est de trouver un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, parce que ce métier prend énormément de temps : voyages, tournées, écriture… Donc je pense que mes amis se disent : “Ne nous oublie pas, reviens quand même !” Mais je reviens toujours, et je fais en sorte qu’ils soient contents.
Est-ce que quelqu’un t’a déjà donné un conseil lorsque tu as commencé la scène ?
Le plus beau conseil qu’on m’ait donné est de ne pas oublier d’où l’on vient. Personnellement, le fait d’avoir des proches et de la famille qui ne sont pas dans le milieu du spectacle, c’est vraiment précieux. Ça permet de parler avec eux, et ça me remet les pieds sur terre. Être bien entouré est crucial dans ce métier. J’ai la chance d’avoir une petite production qui me suit, une manageuse, un meilleur ami qui est coauteur, un metteur en scène, et même un ami qui s’occupe des vidéos. C’est un vrai travail d’équipe et ça nous rend plus forts et plus sereins. L’entourage nous aide à traverser les moments de doute, à gérer nos émotions et à rester confiants.
Les amis et la famille jouent un rôle important dans ta vie… Et qu’en est-il des moments de vulnérabilité ? La dernière fois que tu as pleuré, c’était quand et pourquoi ?
Eh bien, la dernière fois que j’ai pleuré, c’était ce matin. J’étais avec mes parents, et on a parlé de notre chien. J’ai ressenti l’amour qu’il avait pour nous, une sensation très forte et étrange, difficile à quantifier, mais vraiment très touchante. C’était comme si on faisait partie d’une même famille, un amour pur et intense. C’était beau, mais ça m’a aussi fait verser quelques larmes. Je pleure souvent devant des films aussi… Par exemple, j’ai vu un film récemment, A bicyclette, qui est à la fois drôle et très émouvant. Une vraie osmose d’émotions, à la fois rire et pleurs.

Tu sembles être une personne assez sensible. Est-ce que cette sensibilité t’aide à jouer avec les émotions sur scène, notamment lorsqu’une blague fait un bide ?
C’est marrant, parce que pour moi, quand une blague ne fonctionne pas, c’est plutôt positif. Je me dis que c’est l’occasion de l’ajuster ou de l’enlever. Parfois, je l’explique carrément au public : “Ça n’a pas marché, et voilà pourquoi.” Les gens me répondent parfois, “On n’a pas compris” ou “Tu nous as perdus à la chute.” Du coup, ça m’aide à avancer et à améliorer mes blagues. Le stand-up, pour moi, est aussi un moyen d’exprimer mes émotions et de traverser mes moments de vie, que ce soit des joies ou des peines. C’est ce que j’aime dans l’art : pouvoir partager toutes ces sensations.
Comment imagines-tu ta journée idéale ? Qu’est-ce qui te rend vraiment heureux ?
J’aime avoir un certain rythme dans ma journée, une rigueur. Faire du sport est important pour moi, ça me garde en forme et ça m’aide dans mon spectacle du soir. J’aime aussi avoir des moments pour écrire, mais de manière large : j’écris sur tout, sans me fermer à quoi que ce soit. C’est aussi important de prendre du temps pour soi, de consommer de l’art sous toutes ses formes : aller au cinéma, écouter de la musique, voir des spectacles d’amis humoristes, lire… Tout ça fait ma journée parfaite.
Le stand-up connaît un véritable engouement chez la jeune génération. Quel conseil donnerais-tu à ceux qui débutent dans ce milieu ?
Je leur dirais de ne pas aller à l’encontre de leur vision artistique et professionnelle. Il faut s’écouter et préserver cette petite flamme qui nous pousse à faire ce métier. Émerveillons-nous de tout : des lieux où l’on se trouve, des rencontres avec des humoristes qui nous inspirent. Il faut garder un profond respect et amour pour ce métier. Pour moi, chaque date de tournée est un privilège. Par exemple, jouer avec Paul Mirabel au Paname Comédie Club, c’est fou ! C’est l’occasion d’apprendre de leurs expériences et de partager la scène avec eux. C’est une chance.

Tu es actuellement en tournée dans le Sud, avec des dates à Toulouse et Montpellier. Et pour ceux qui ont peur de se retrouver au premier rang face à Tom Boudet, quel conseil leur donnerais-tu ?
(Rires) Non, pas du tout, je ne suis pas un monstre ! Je suis plutôt bienveillant. Il y a un petit moment d’impro dans le spectacle, mais c’est juste 5 minutes au milieu du show. C’est un moment de discussion et de délire entre nous et le public. C’est vraiment sympa. J’ai hâte de revenir à Toulouse, car on y a joué en septembre dernier et l’accueil a été super. Montpellier, c’est pareil, je suis trop content de jouer là-bas dans un vrai théâtre. C’est toujours un plaisir de venir dans le Sud, surtout quand on vient du Nord. Ça permet d’échanger, de partager nos différences et nos points communs, et ça crée une belle atmosphère.
Y a-t-il une différence entre le public du Nord et celui du Sud ?
C’est difficile à dire. Le Nord, c’est là où j’ai commencé et j’y joue beaucoup. Mais je pense qu’un point commun entre le public du Nord et celui du Sud, c’est la générosité et l’accueil chaleureux. Que ce soit dans le Nord ou dans le Sud, les gens sont vraiment ouverts et enthousiastes lorsqu’ils viennent voir du spectacle. Pour moi, recevoir des rires du Sud, c’est gratifiant. C’est une belle reconnaissance, d’autant plus que mes origines sont différentes. C’est vraiment un échange enrichissant.
Informations
- le 29 mars à Toulouse à la Petite Comédie pour une date mais deux représentations à 19h et à 21h et quelques jours après à Montpellier le 8 avril 20h30 au Kawa théâtre.